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EpiDetective · Lire les preuves

Six idées pour rendre les preuves en santé lisibles.

Chaque chiffre des outils de ce site repose sur quelques idées d’épidémiologie. Aucune ne demande de mathématiques. Lisez-les une fois, et un titre de presse sur la santé devient bien plus facile à évaluer.

Danger et risque

Un danger est ce qui peut nuire. Le risque est la probabilité que cela arrive.

Le soleil, l’alcool et l’amiante sont tous des dangers : chacun peut causer un cancer. La probabilité, pour une personne donnée, dépend de la dose, de la durée et de l’âge. Les Monographies du CIRC identifient les dangers et laissent à d’autres études le soin de mesurer le risque.

Risque relatif et risque absolu

« Deux fois plus de risque » ne dit pas grand-chose tant qu’on ignore par rapport à quoi.

Un risque relatif compare deux groupes. Un risque absolu dit combien de personnes sont touchées. Doubler un risque de 1 sur 10 000 ajoute un cas pour 10 000 personnes ; une hausse de 10 % d’un risque de 1 sur 10 en ajoute cent pour ces mêmes 10 000. Demandez les deux chiffres.

Association et cause

Deux choses peuvent augmenter ensemble sans que l’une cause l’autre.

Les personnes qui ont un briquet en poche développent plus de cancers du poumon, et le briquet n’y est pour rien : le tabac explique les deux. Les épidémiologistes parlent de facteur de confusion. Avant de conclure à une cause, ils cherchent le même résultat dans de nombreuses études, une maladie plus fréquente quand l’exposition augmente, et une exposition qui précède la maladie.

L’intervalle autour d’un chiffre

Toute estimation s’accompagne d’un intervalle, et cet intervalle fait partie du résultat.

Une étude peut rapporter un risque relatif de 1,2 avec un intervalle de confiance à 95 % allant de 0,9 à 1,6. Les données sont compatibles avec une légère hausse, et tout autant avec l’absence d’effet, puisque l’intervalle contient 1. Un intervalle étroit issu d’une grande étude pèse plus qu’un intervalle large issu d’une petite.

Absence de preuve et preuve d’absence

« On ne sait pas » et « c’est sans danger » sont deux conclusions différentes.

Quand le CIRC place un agent dans le Groupe 3, « inclassable », c’est le plus souvent que les études étaient trop rares ou trop fragiles pour trancher dans un sens ou dans l’autre. Cela décrit l’état des preuves. Montrer qu’une chose est sans danger exige de grandes études rigoureuses qui ont cherché un effet nocif et n’en ont pas trouvé.

Populations et individus

Ces chiffres décrivent des groupes. Ils n’expliquent pas la maladie d’une personne.

Un facteur de risque déplace les probabilités sur des milliers de personnes. La plupart des personnes exposées ne développent jamais la maladie, et certaines personnes non exposées la développent. Pour tout ce qui touche à votre propre santé, les personnes qui vous soignent savent ce qu’aucune étude de population ne contient.

Mettez-les en pratique

Ouvrez un outil et lisez les preuves par vous-même.